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François Ledoyen Montréal, Québec
Ma très chère Angela, Voici enfin de mes nouvelles heureusement bonnes et rassurantes. J’ai enfin retrouvé mon pays et ma famille. Mon père dont je te parlais sans cesse a été heureux de me revoir sain et sauf. Ma soeur a mis son enfant au monde le 26 Avril et son bébé se porte comme un charme. Malheureusement, il n’en est pas de même pour son papa. Ce dernier faisait parti du régiment de fantassins qui s’est fait presque totalement anéantir en allant à l’assistance de la 2° D.I. qui était en difficulté aux environs de Verrières, en Normandie. Mon ami Rosaire, qui avait été rapatrié peu après le
Débarquement pendant lequel il avait été blessé, est encore en vie mais il
est malheureusement amputé des deux jambes. Avec le recul qu’il m’a été
permis d’avoir, je me rends vraiment compte de la chance que j’ai d’être
encore en vie. Il y a eu tellement de morts autour de nous. Malheureusement cette guerre n’est toujours pas terminée et les Allemands possèdent encore beaucoup de terrain. Il ne faut pas s’arrêter de combattre. Nous devons vaincre ! J’ai eu des nouvelles de la Première Armée Canadienne. Après avoir libéré Falaise, nos troupes se sont dirigées vers Calais. Elles essaient toujours d’avancer vers les villes du Nord de la France. J’espère que nos soldats vont réussir à les atteindre rapidement et sans trop de morts. Cette guerre est vraiment trop atroce. Elle m’a
cependant beaucoup appris, surtout sur la fragilité et l’importance de la
vie. J’ai pris un billet pour l’Angleterre dans le seul but de te revoir. J’arriverai dans deux semaines et je voudrais que tu reviennes avec moi au Québec pour la vie. Amoureusement. François |
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